Palo Alto Networks lance Unit 42 Continuous Frontier AI Defense, un service de tests d’intrusion offensif en continu qui s’appuie sur des modèles d’IA dont l’accès est restreint par leurs éditeurs, notamment Claude Mythos 5 d’Anthropic et GPT-5.6-Cyber d’OpenAI. Avec cette solution, l’éditeur se donne pour objectif de réduire les délais entre la découverte et l’exploitation d’une faille dans un contexte d’utilisation croissante de l’IA par les attaquants.
Le service prolonge Frontier AI Defense, lancé en avril, qui se limitait à une analyse d’exposition à un instant donné, suivie d’un plan de sécurisation du système concerné. En août, Unit 42 avait ajouté à cette analyse l’accès à Claude Mythos 5 et GPT-5.6-Cyber. La nouvelle offre commence par un scan de l’ensemble du périmètre, puis relance des tests à chaque évolution de l’environnement. Elle couvre les applications web développées en interne et par des tiers, les API, l’infrastructure cloud, les dépôts de code source et les équipements réseau. Chaque vulnérabilité détectée fait l’objet d’une tentative d’exploitation afin de vérifier qu’un chemin d’attaque existe réellement, pour limiter le volume de faux positifs transmis aux équipes.
Palo Alto Networks utilise un « harnais » multimodèle propriétaire, c’est-à-dire une couche logicielle qui attribue chaque tâche au modèle jugé le plus adapté. Outre les modèles d’Anthropic et d’OpenAI, réservés par leurs éditeurs à des organisations sélectionnées, l’architecture intègre des modèles ouverts. Selon l’éditeur, cette répartition élargit la couverture tout en maîtrisant le coût d’inférence des modèles les plus puissants. Ce choix a une conséquence budgétaire directe : le prix de l’abonnement varie selon les modèles retenus.
L’approche a été éprouvée pendant six mois en interne et lors de plus de 100 missions Unit 42 chez des clients, pour un investissement de 17 millions de dollars en R&D. En interne, Palo Alto Networks affirme avoir identifié en trois semaines le volume d’expositions qu’il détecte habituellement en un an. Chez les clients évalués, toutes les organisations présentaient au moins une exposition, dont 37 % classées de gravité élevée ou critique. La majorité provenait d’applications développées en interne. Plus de deux expositions sur trois relevées dans des applications tierces ne correspondaient toutefois à aucune CVE référencée : elles échappent donc aux scanners de vulnérabilités classiques.
Le service fournit des correctifs exploitables et priorisés, des conseils au niveau du code et des recommandations de patchs virtuels. Pour mettre en œuvre des correctifs virtuels avant que les vulnérabilités ne soient divulguées publiquement ou que des correctifs officiels n’existent, Palo Alto Networks renvoie vers une offre distincte, Frontier Virtual Patching.
