SAP : les migrations vers S/4HANA et le cloud progressent, mais les utilisateurs peinent à en mesurer les bénéfices

Selon la dernière enquête de satisfaction de l’USF (Utilisateurs SAP Francophones), les entreprises accélèrent leur transition vers S/4HANA et le Cloud. Mais cette transformation reste davantage dictée par la stratégie de SAP que par les gains opérationnels attendus. Les coûts, la dépendance à l’éditeur et la souveraineté numérique alimentent les inquiétudes.

Les entreprises utilisatrices de SAP poursuivent leur migration vers S/4HANA et les offres SAP ERP Cloud, sans pour autant être convaincues de sa rentabilité. C’est le principal enseignement de la septième enquête de satisfaction de l’USF (Utilisateurs SAP Francophones), réalisée par l’institut Verian auprès de 154 organisations.

Si 85 % des répondants portent un jugement positif sur les produits et services de SAP, seuls 26 % se déclarent satisfaits des économies réalisées et 21 % de la rapidité de mise en œuvre des projets. Un décalage qui interroge sur la valeur effectivement créée par les investissements engagés.

S/4HANA : des migrations dictées par la stratégie de SAP

La transition vers S/4HANA s’accélère. Désormais, 61 % des organisations ont engagé ou achevé leur migration, contre 45 % en 2024. La proportion de projets terminés atteint 31 %, soit plus du double du niveau observé deux ans auparavant.

Cette progression masque néanmoins une réalité : les migrations répondent principalement à des impératifs techniques et contractuels. Pour 67 % des répondants, elles sont motivées par la nécessité de suivre la stratégie de SAP, et pour 44 % par l’obsolescence des systèmes existants. Seuls 20 % citent les bénéfices métiers attendus.

Les coûts constituent le principal obstacle (74 %), suivis de la difficulté à démontrer le retour sur investissement (59 %). Autre point de tension : 45 % des organisations jugent les échéances de maintenance d’ECC inadaptées à leur calendrier de transformation.

ERP en Cloud : la question de la dépendance à SAP se renforce

L’adoption du cloud progresse également. Parmi les organisations connaissant les offres SAP ERP Cloud, 36 % ont signé un contrat, contre 13 % en 2024, et 16 % ont achevé leur déploiement.

Pourtant, seules 6 % des entreprises interrogées considèrent les garanties de réversibilité proposées par SAP comme suffisantes. L’incertitude sur les coûts futurs préoccupe 54 % des répondants, tandis que 42 % redoutent une perte d’autonomie vis-à-vis de l’éditeur. À peine 32 % disposent d’une visibilité claire sur le coût total de possession à cinq ans.

La souveraineté numérique devient parallèlement un critère de décision. Près de deux tiers des répondants (63 %) se déclarent concernés par les enjeux du cloud de confiance, pour des raisons réglementaires ou géopolitiques. Parmi ceux qui connaissent les offres ERP Cloud, 28 % privilégient un hébergement alternatif aux hyperscalers américains.

IA : des déploiements encore marginaux

Malgré les investissements de SAP dans l’intelligence artificielle, seuls 9 % des répondants ont déployé des cas d’usage d’IA dans leur environnement SAP. Par ailleurs, 42 % positionnent l’éditeur comme un challenger ou un acteur de niche sur ce marché.

Les utilisateurs identifient des avantages dans l’exploitation des données structurées de l’ERP (47 %) et l’automatisation des processus (39 %). Mais seuls 4 % jugent les solutions d’IA de SAP économiquement plus intéressantes que les alternatives externes.

Enfin, la relation commerciale avec l’éditeur suscite des réserves croissantes. Seuls 16 % des répondants la considèrent comme un véritable partenariat de confiance, tandis que 49 % estiment qu’elle repose avant tout sur la recherche de gains financiers par SAP, contre 39 % en 2024.

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