Proginov clôture son exercice 2025 avec une croissance organique de 4,5 %. Comme la plupart des éditeurs d’ERP, Proginov est confronté à un chantier technologique et réglementaire majeur : la réforme de la facturation électronique, dont la mise en œuvre, fixée au 1er septembre 2026, suscite des incertitudes croissantes.
Des résultats en progression, portés par l’édition et le cloud
Proginov a réalisé un chiffre d’affaires de 69,6 millions d’euros en 2025, en une hausse de 4,5 % en croissance organique. L’éditeur attribue cette performance à ses deux activités historiques : l’édition de logiciels de gestion (ERP) et l’hébergement cloud souverain. L’entreprise revendique une croissance annuelle moyenne de 14 % depuis sa création.
Sur le plan des effectifs, Proginov comptait 386 collaborateurs fin 2025, après 43 recrutements dans l’année. L’objectif affiché est de franchir le seuil des 400 personnes courant 2026.
L’entreprise conduit par ailleurs un programme d’investissements immobiliers sur son site : un bâtiment de réception sera livré fin 2026, un immeuble de bureaux de 350 postes au premier trimestre 2027.
La facturation électronique, un chantier prioritaire et un calendrier sous tension
La réforme de la facturation électronique constitue le principal enjeu opérationnel de 2026 pour les éditeurs d’ERP. À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises françaises devront être enregistrées auprès d’une plateforme agréée pour recevoir des factures au format structuré attendu par la réforme. Les ETI et grandes entreprises devront également émettre leurs factures au travers de cette plateforme. Les TPE et PME disposent d’un délai supplémentaire jusqu’au 1er septembre 2027 pour l’émission.
Or, l’état d’avancement réel de la réforme soulève des interrogations. Selon les retours présentés le 10 avril dernier lors d’une réunion du Forum National de la Facturation Électronique (FNFE), moins de 20 % des entreprises pilotes prévues participent effectivement à la phase de test. Seules 10 % des plateformes immatriculées réalisent actuellement des tests d’interopérabilité. Le référentiel de cas de facturation publié par l’AFNOR est passé de 36 cas en novembre 2025 à 44 aujourd’hui. Chiffre qui devrait atteindre 47 dans les prochaines semaines, signe que le périmètre réglementaire n’est pas encore stabilisé. Plusieurs plateformes refusent déjà de nouveaux dossiers faute de capacité, tandis que des entreprises ayant déjà choisi une plateforme ont dû en changer, certaines ne couvrant pas l’ensemble des cas de facturation. Les spécifications du e-reporting, transmises fin février, ne sont pas encore pleinement applicables.
Du côté des éditeurs, les développements restent intenses. Proginov, membre du FNFE depuis 2020, indique avancer au gré de la publication des informations, mais son président Philippe Plantive prévient : « La mise en œuvre ne se fera pas sans douleur. Les plannings resteront très chargés tout au long de 2026, et sur une partie de 2027 avec l’application de la réforme aux PME sur le volet émission. »
