Le troisième baromètre OpinionWay pour Kelio dresse un état des lieux de l’utilisation et de la perception de l’intelligence artificielle dans les ressources humaines en France. Réalisée auprès de 306 professionnels RH et d’un panel de 1 071 personnes représentatives de la population française, cette étude met en lumière des tendances contrastées entre progression des usages et persistance des inquiétudes.
Une adoption en progression, mais qui ralentit
L’adoption de l’IA par les professionnels RH est en hausse : 33 % d’entre eux l’utilisent désormais au quotidien, contre 28 % en 2025 et 9 % en 2024. Cependant, le rythme de cette progression s’est sensiblement ralenti, passant de +19 points entre 2024 et 2025 à seulement +5 points cette année. Par ailleurs, 58 % des professionnels RH déclarent ne pas souhaiter recourir à ces outils, un chiffre en recul de 2 points seulement par rapport à l’année précédente.
Des réserves marquées autour du recrutement
Le principal frein à l’adoption demeure le manque de confiance : 53 % des professionnels RH doutent de la qualité du travail produit par l’IA, un chiffre quasi stable depuis trois ans (54 % en 2024 et 2025). Cette méfiance est particulièrement marquée concernant le recrutement : 51 % des RH estiment que cette mission doit rester entre les mains d’humains, et seuls 4 % font confiance à l’IA pour y jouer un rôle. Du côté du grand public, les réserves sont encore plus prononcées, avec 61 % de personnes interrogées se déclarant inquiètes face à l’usage de l’IA dans les processus d’embauche.
Des obstacles qui reculent, d’autres qui persistent
L’expérience acquise avec les outils d’IA a permis de lever certains freins. Le manque de compétences ou de formation, cité par 32 % des répondants en 2024, ne concerne plus que 17 % d’entre eux aujourd’hui. De même, l’incompatibilité avec les procédures internes a reculé de 12 points en un an.
La confidentialité et la sécurité des données personnelles demeurent la principale préoccupation, mentionnée par 39 % des professionnels, un niveau stable depuis trois ans. La résistance au changement des collaborateurs (15 %), le manque de solutions adaptées (13 %) et les coûts d’implémentation (9 %) sont également des freins à une adoption plus importante de l’IA.
Un sentiment de menace plus fort chez les actifs que chez les RH
L’étude met en évidence une différence notable du ressenti relatif à l’impact de l’IA sur l’emploi. Les professionnels RH se montrent plus sereins que l’ensemble des actifs en poste : 78 % d’entre eux se sentent protégés, contre 58 % dans la population active générale. À l’inverse, 42 % des actifs en poste se déclarent menacés à long terme, et 12 % envisagent une automatisation quasi totale de leur poste, contre 7 % chez les RH.
Un palier de maturité atteint
En conclusion, ce baromètre dresse le portrait d’un secteur RH ayant atteint un palier de maturité vis-à-vis de l’IA, mais loin d’un enthousiasme généralisé. Si certains ont d’ores et déjà mené à bien leurs premiers projets d’intégration, 29 % d’entre eux n’envisagent toujours aucun projet en ce sens, un chiffre en hausse de 7 points par rapport à 2025. L’adoption de l’IA dans les ressources humaines apparaît ainsi conditionnée, pour une part significative des professionnels, à la démonstration d’une valeur ajoutée concrète.
